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Coup de coeur : Margot Pilet

Quelle formation as tu suivi ?

          J’ai un parcours assez atypique puisque je n’ai pas suivi de formation spécialisée en graphisme ou en illustration. En effet, j’ai d’abord fait une licence d’architecture à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Bretagne, que j’ai ensuite complétée avec une licence d’histoire de l’art à l’Université Rennes 2. Ces deux formations m’ont permis d’apprendre les bases de la composition, de la perspective, etc., et je me sers au quotidien des enseignements artistiques que j’ai suivis ! Je me suis aussi beaucoup auto-formée grâce à la magie d’Internet ainsi qu’en observant et en pratiquant beaucoup (et je continue à le faire !). Par ailleurs, mes études ne sont pas terminées. Je suis actuellement en master édition à l’Université Rennes 2, afin d’avoir la double casquette graphiste et assistante d’édition.

  

Pourquoi avoir choisi ce métier ?

          J’ai toujours eu une grande passion pour le graphisme. Je bidouillais plus jeune sur Photofiltre et je postais mes « créas » sur des forums spécialisés. Cependant, je n’avais jamais vraiment pensé à en faire mon métier, puisque je voulais avant tout devenir architecte. Finalement, je me suis rendue compte au fil de mes études que ce qui me plaisait le plus, ce n’était pas le projet architecturé lui-même, mais plutôt la partie graphisme qui l’accompagnait. Il était temps de changer de voie… et voilà, nous y sommes ! L’illustration est venue plus récemment. J’ai toujours été très attirée par ce domaine, mais je ne pensais pas en être capable. En fait, il « suffisait » d’essayer et de persévérer.

 

As-tu des inspirations particulières ? Où les trouves-tu ? Quelles traits de personnalités sont au cœur de ton inspiration/travail ?

           C’est assez compliqué de définir des « inspirations particulières » parce que tout et n’importe quoi peut m’inspirer : une balade, une série, un livre, une conversation… D’une manière générale, je passe beaucoup de temps sur Instagram et Pinterest (sans doute un peu trop !) pour suivre le travail d’artistes que j’apprécie mais aussi en découvrir de nouveaux. Je suis une grande admiratrice du travail de Tom Haugomat (http://lespetitestruffes.blogspot.com/) et Melissa Castrillon (http://www.melissacastrillon.co.uk/), par exemple. Sinon, j’écoute beaucoup de musique instrumentale. Je suis une fan inconditionnelle du compositeur John Powell, et tout particulièrement de son travail pour la saga Dragons. Si quelqu’un cherche l’inspiration, là, tout de suite, maintenant, je lui conseillerai d’écouter le morceau « Once There Were Dragons », c’est un bijou !

Pourquoi avoir choisi de te mettre à ton compte ?

          Je suis étudiante et n’exerce pas (encore) à plein temps. Je réfléchissais depuis très longtemps à monter mon entreprise, mais je n’avais pas spécialement prévu de le faire si tôt. En octobre dernier, une amie m’a proposé un projet d’identité visuelle. Je ne pouvais pas le refuser, et je voulais être réglo au niveau de la loi… J’ai donc créé ma microentreprise. Je me laisse mes deux années de master pour développer mon activité et mon portfolio, avec l’espoir de pouvoir exercer à plein temps à la sortie de mes études. On en reparlera en 2020 pour voir si tout s’est déroulé comme prévu !

 

 

 

Concrètement, en quoi consiste ton travail ?

         Je réalise des supports de communication (affiches, flyers, invitations, marque-pages, cartes de visite, logos ...); des supports éditoriaux (mise en page, illustrations, couvertures ...) destinés à l'impression ou au web. Il ne s'agit pas seulement de créer des visuels agréables à regarder : il faut que ces visuels soient efficaces, c'est-à-dire qu'ils parviennent à toucher efficacement les personnes/clients qu'ils visent. 

 Quelles compétences penses-tu nécessaires ? Et en ce qui concerne les qualités personnelles ?

         La créativité. Etre à l’écoute des besoins de son client. Bien savoir se servir des logiciels. Savoir optimiser son temps. Etre capable de se remettre souvent en question pour s’améliorer. Savoir mettre son ego de côté lorsqu’il le faut et accepter les concessions, mais aussi être capable de défendre et argumenter ses choix. Beaucoup de patience, de diplomatie, de tact. Savoir se transformer en couteau-suisse pour s’occuper des réseaux sociaux, de l’administratif, de la compta, du démarchage client, de la mise à jour du site internet, etc., etc., etc., la liste est tellement longue ! Savoir faire des pauses, aussi, et se ménager. Réussir à se dire que ça y est, ça suffit pour aujourd’hui, pour cette semaine. Etre organisé est essentiel. Ne pas se décourager, ne pas baisser les bras, et accepter de se former, toujours !

 

Pour toi, quels sont les avantages et les inconvénients de ton métier ?

          Pour les avantages, je dirai qu’être payé pour faire ce qu’on aime, c’est quand même super chouette ! Malheureusement, c’est à double-tranchant : comme c’est une passion, beaucoup de « clients » ne comprennent pas vraiment pourquoi il faudrait payer nos prestations, ni pourquoi les graphistes-illustrateurs compteraient leurs heures… Les réalités de cette profession sont assez méconnues du grand public. Le très célèbre « Je n’ai pas de budget mais est-ce que tu pourrais me faire l’identité visuelle complète de mon entreprise + des illustrations pour mon site internet…. Disons pour demain ? » revient un peu trop régulièrement. Les tarifs peuvent paraître exorbitants pour les particuliers et les petites entreprises qui n’ont pas l’habitude de faire appel à un freelance… Bref, c’est un combat parfois quasi-quotidien pour montrer que oui, c’est une passion, mais c’est surtout un métier, que toute prestation demande du temps, des connaissances, un savoir-faire, mais aussi du matériel qui coûte souvent une petite fortune.

 

Sur quels projets travailles-tu en ce moment ?

          En ce moment, je travaille sur un projet pour le stand de mon master au festival du livre de Rennes (Rue des Livres, du 23 au 24 mars 2019). Il s’agit de quatre illustrations de 90x150cm qui viendront décorer le mur du fond de notre stand. C’est un projet assez ambitieux pour moi car je n’ai pas l’habitude de travailler avec de si grands formats. 

Un dernier mot pour les personnes intéressées par ton métier?

          Il n’est jamais trop tôt pour montrer ses travaux ! Le plus difficile quand on débute, c’est de se faire connaître. J’ai attendu d’avoir créé administrativement mon entreprise pour créer mon compte Instagram… Avec le « recul », je pense que c’était une erreur. Se créer une communauté sur les réseaux sociaux est long et fastidieux, et pourtant, c’est un excellent moyen de lancer le bouche-à-oreille et d’attirer des clients, alors autant s’y mettre le plus tôt possible J

 

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A très vite  - 

 

 Quelques réalisations pour les curieux ...